Ce qui correspond grosso modo à notre “un petit dessin vaut mieux qu’un long discours“. En l’occurrence, il s’agit bien d’images et non de dessins. Deux photos prises pendant les rencontres du G20 à Londres cette semaine.

Michèle Obama et la Reine Elizabeth II

Michèle Obama et la Reine Elizabeth II

Barack Hussein Obama et le Roi Abdallah ibn Saoud

Barack Hussein Obama et le Roi Abdallah ibn Saoud

(pour qui douterait du mouvement d’Obama, la séquence filmée se trouve ici )

Commentaire de Mark Steyn :

Laissez-moi donc voir si je comprends bien les règles du protocole américain de l’ère Obama : la Première Dame serre la Reine Elizabeth dans ses bras comme elle le ferait avec une grand-mère lambda lors d’une séance photo dans un centre pour personnes du troisième âge [1], mais le Président de cette république se prosterne devant le roi Abdallah comme s’il était un sujet de la pseudo-couronne saoudienne.

Dire que je me méfiais d’Obama serait un euphémisme. Mais je voulais bien lui accorder le bénéfice du doute.

A l’heure actuelle, ce sont ses gestes symboliques qui m’inquiètent peut-être plus que ses paroles ou actes politiques (sur lesquels il y a également beaucoup à dire). Entre l’anecdote du buste de Churchill [2], la façon dont le Premier Ministre anglais a été reçu à Washington le mois dernier [3], et maintenant ceci, rien de très classe ni de fort rassurant…

Le mot de la fin de Steyn :

C’est une présidence fort bizarre. Mais quelque-chose me dit qu’Abdallah ne recevra pas le coffret de DVDs en solde contenant « Psychose » et « Laurence d’Arabie » [3].

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[1] Détails ici. La plupart des médias ont été prompts à jouer la carte de l’émotion, expliquant que les deux femmes s’apprécient bcp etc. Ce qui est peut-être vrai. Il n’en reste pas moins que c’est une “gaffe”…

[2] Il s’agit d’une sculpture qui avait été prêté par la Grande-Bretagne à la Maison Blanche au lendemain du 11 Septembre, en signe des liens unissant les deux pays. Elle ornait le Bureau Ovale jusqu’à l’entrée en fonction d’Obama, qui s’est hâté de le remplacer par celui de Lincoln (c’est bien son droit) et de le faire renvoyer aux Britanniques (ceci, par contre, ça fait un peu gifle quand même). Certains ont voulu expliquer le geste par les origines Kenyanes du nouveau président (Churchill était Premier Ministre pendant la répression de la révolte des Mau-Mau). Admettons… mais BHO est président des USA, pas du Kenya !

[3] Pour reprendre les termes du Figaro, « Obama n’a pas déroulé le tapis rouge pour son hôte, n’organisant qu’un point de presse informel et non une conférence de presse conjointe. Il n’a pas eu non plus de réception particulière à Camp David. Et le mot ‘partenariat spécial’ a été utilisé par Robert Gibbs au lieu du terme ‘relation particulière’ auquel tiennent tant les Britanniques ».

De manière plus anecdotique, l’échange traditionnel des cadeaux a été l’occasion de constater une dissymétrie flagrante : tandis que les époux Brown amenaient des présents raffinés et choisis – un porte-stylos fabriqué d’une pièce de chêne provenant du HMS Gannett, un des navires de guerre britanniques s’étant illustré dans la lutte anti-esclavagiste à la fin du XIXème siècle, une édition originale de la biographie en sept volumes de Winston Churchill (une façon de faire comprendre la bourde précédente, peut-être ?), et pour les filles du couple, des ensembles « mode » et des livres pour la jeunesse non-encore parus aux USA – les Obama ont répondu par un coffret DVD contenant 25 « Classiques d’Hollywood » (en zone 1…) et par des répliques de l’hélicoptère présidentiel pour les garçons Brown – trouvables au shop de la Maison Blanche, paraît-il. L’explication la moins désobligeante que l’on puisse trouver est l’improvisation…

 

 

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